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Article Substance

29 October 2026

L’IA peut-elle vraiment nous aider à avoir de meilleures idées?

L’intelligence artificielle peut générer des dizaines d’idées en quelques secondes. Mais générer plus ne veut pas nécessairement dire générer mieux. En création, l’intérêt de l’IA n’est donc pas de lui déléguer l’idéation, mais de l’intégrer intelligemment à un processus créatif déjà structuré. C’est le sujet qu’on a récemment exploré lors d’un Lunch & Learn consacré aux techniques d’idéation et à la génération de nouvelles idées avec l’aide de l’IA, animé par Sabrina Jobin-Cossette, directrice artistique.

Avant de générer des idées, il faut savoir comment chercher

Sabrina nous explique que la créativité peut être considérée comme un muscle : elle se développe et s’entraîne. Pour y arriver, notre processus créatif s’appuie sur trois grandes phases : divergence, émergence et convergence. On commence par ouvrir le champ des possibilités et multiplier les pistes, puis on fait émerger celles qui semblent intéressantes avant de converger vers les solutions les plus pertinentes.

Ce processus commence surtout par une bonne question. Une « question porteuse » sert à préciser d’abord le public visé, puis l’objectif à atteindre et enfin la contrainte qualitative à respecter. Définies par la limite ou l’exigence liée à la qualité, au contenu ou à la manière de faire, plutôt qu'à une quantité ou à un chiffre, les contraintes ne sont donc pas nécessairement un frein à la créativité : elles lui donnent un terrain de jeu. À partir de là, différentes techniques permettent de sortir des premiers réflexes : adopter le point de vue de quelqu’un d’autre, imaginer le contraire de l’évidence, hybrider des concepts ou encore faire circuler les idées entre plusieurs personnes.

Et l’IA là-dedans?

L’IA est particulièrement efficace pour multiplier rapidement les connexions. Elle peut aller chercher des rapprochements entre différents concepts, proposer des angles auxquels on n’aurait pas pensé ou simplement nous aider à pousser une idée un peu plus loin. Cependant, lui donner une liberté totale mène souvent à des propositions banales. C’est ici qu’intervient le métaprompt, qui donne une direction claire.

Une bonne requête (prompt) ressemble donc beaucoup plus à un mini-brief qu’à une simple question. Quel est l’objectif? À qui parle-t-on? Dans quel contexte? Quelles contraintes doit-on respecter? Quel genre de réponse cherche-t-on? Sous quelle forme? On peut aussi lui donner des exemples, préciser le ton ou lui demander volontairement de sortir des premières idées évidentes, ou bien même de noter et classer chaque idée selon des critères précis. Plus le terrain de jeu est clair, plus ce qui en ressort a des chances d’être utile.

Créativité

(https://fr.vecteezy.com/vecteu...)

Une technique qu’on retient : le métaprompt

Plutôt que de passer vingt minutes à essayer de rédiger le prompt parfait, pourquoi ne pas demander à l’IA de nous aider à le construire? C’est le principe du métaprompt : avant de lui demander de générer des concepts, on lui demande de structurer la meilleure requête possible pour arriver au résultat recherché, le forçant à être plus méthodique et cadrer son raisonnement.

Et le premier résultat n’a pas besoin d’être parfait. Une proposition moyenne peut contenir un mot, une mécanique ou un angle qu’on aime. On garde cette petite « pépite », on élimine le reste et on repart de là. L’IA devient alors beaucoup plus intéressante comme partenaire d’échange créatif que comme machine censée nous livrer la grande idée du premier coup.

Trop, ce n’est pas assez

En termes d'idées, à un certain moment, il faut arrêter de générer et commencer à choisir. Parmi les méthodes explorées pendant l’atelier, celle des 3 coups permet de réfléchir à différents niveaux d’idées. Le coup sûr mise sur une idée simple, à faible risque, qui répond directement au besoin. Le coup de cœur cherche à créer une idée forte en émotion et générer des engagements, tandis que le coup de circuit pousse la réflexion plus loin avec une idée plus audacieuse, plus complexe sur le plan technique. La matrice Impact-Effort permet ensuite de visualiser rapidement les concepts qui offrent le meilleur rendement créatif et d'éliminer les idées trop complexes pour peu de retombées.

Au fond, l’intelligence artificielle ne change pas la base du travail créatif. Il faut toujours trouver le bon problème, explorer, faire des choix et pousser les meilleures pistes. Elle nous donne simplement un nouvel outil pour le faire et, lorsqu’on sait comment s’en servir, quelques nouvelles façons de sortir de nos propres réflexes.

Brainstorm et idéation avec l'IA

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